06 avril 2009

Le G20 a oublié la réforme monétaire!

"Les événements vécus en ce moment et depuis vingt ans montrent que la mutation est en marche et que nous assistons à la fin des idéologies. Nous avons connu il y a vingt ans la fin du communisme et nous assistons aujourd'hui à la fin du capitalisme." (Annick de Souzenelle, in Sources Vitales 03/09 p.31)

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Les textes ci-dessous ont paru dans Le Nouvel Economiste:

La fameuse « équation de Fisher » (résumant la Théorie quantitative de la monnaie due au grand économiste et mathématicien Irving Fisher) modélise objectivement le fonctionnement théorique du système économique. Or le paramètre « vitesse » de l’équation de Fisher est non seulement ignoré mais inversé par le modèle bancaire actuel car celui-ci profite de l’immobilisation de l’argent afin d’obtenir un intérêt dont l’équivalent monétaire n’a pas été créé au préalable ! Conformément à la pensée physiocratique de Quesnay, Proudhon (par sa Banque du Peuple), puis Gesell, Douglas et Duboin ont démontré que la vitesse de circulation d’une monnaie « fondante » dans le temps était un facteur aussi indispensable à la société humaine que la circulation sanguine dans un organisme vivant. Les quatre expériences ci-après -rapidement interdites par les autorités bancaires- ont prouvé le bien-fondé d'une application stricte de l'équation de Fisher: Schwanenkirchen en 1930, Wörgl en 1932 (dont le succès a été constaté sur place par Irving Fisher en personne), Lignières-en-Berry en 1956, Porto-Alegre en 1958. Un article intitulé «Une nouvelle Mecque économique – Wörgl ou « l’argent fondant » a paru le 9 septembre 1933 à la page 56 du numéro 4723 de la revue L’Illustration sous la plume de Claude Bourdet (1909-1996), qui sera plus tard un résistant notoire. Il est à noter que l’extraordinaire expérience monétaire de Lignières –qui a été décrite dans la revue Science et Vie en mai 1958- a été interdite par ordonnance du Garde des Sceaux François Mitterrand (dans le gouvernement de Guy Mollet). Autre exemple parlant: en 1945, l’Allemagne avait perdu les deux tiers de son réseau ferroviaire. En accélérant la circulation des trains restants sur les voies disponibles, les ingénieurs allemands ont pu réaliser le même trafic qu’avant-guerre !

Nos retraites et nos industries ne doivent plus dépendre des états d’âme des spéculateurs, dont le « marché » est la grande cour de récréation. Les actions doivent être cotées objectivement par des indices comptables reflétant leur valeur réelle. Les banques ne sont pas nécessaires afin de créer la monnaie et le crédit, comme l’avaient démontré autrefois Jacques Duboin (l’Economie distributive), Silvio GesellEconomie franche) et Clifford Douglas (le Crédit social) dans le prolongement de la thèse physiocratique du médecin François Quesnay, pour lequel la richesse est le sang de la nation. En voici trois exemples historiques : la création des assignats entre 1791 et 1797 a non seulement empêché la faillite de l'État français mais contribué à la réduction de la dette et permis de trouver l'argent nécessaire au financement de la guerre. Lincoln n’a pu vaincre les Sudistes qu’en créant ses «Greenbacks» gagés sur le trésor public, avant d’être assassiné en 1865 par les banquiers de l’époque, qui voulaient lui prêter à un taux compris entre 24 % et 36 % ! John Kennedy n’a pu lancer son programme social en 1963 qu’en créant également une monnaie d’Etat qui disparut –comme par hasard- dès son assassinat six mois plus tard. Dans un article du quotidien Le Monde (du 25/10/1988), Maurice Allais, prix Nobel 1988 d’économie, déclare qu’il n’y a pas de différence aujourd’hui entre le métier de faux-monnayeur et celui de banquier. Peut-on être plus clair? (l'analyse ci-dessus a paru partiellement (suppression des 3 exemples historiques) dans l'Hebdo du 30 octobre 2008, p. 51)

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Voici les 4 réformes fondamentales que je propose sur la base des succès historiques ci-dessus:

1)       nationaliser puis unifier toutes les banques privées de façon que toute l'activité de crédit soit effectuée par la même organisation internationale, qui pourrait être le Fonds Monétaire International (FMI) réformé. La monnaie mondiale ainsi créée n'aurait alors pas besoin d'être fondée sur un étalon quelconque (comme l'or). Cette solution, autrefois proposée par John Maynard Keynes, qui proposait le "Bancor" comme monnaie internationale, avait été écartée en 1944 au profit des Accords de Bretton Woods, dont on constate aujourd'hui l'échec total. Ce principe fondamental est aujourd'hui repris par la Chine et par des économistes intelligents tels que le professeur Sergio Rossi, qui déclare dans la Tribune de Genève du jeudi 2 avril 2009 (p.13): "Il faut abandonner le dollar comme référence universelle."

2)       plafonner puis minimiser jusqu'à zéro les taux d'intérêt exigés des crédits;

3)       mettre en place des accélérateurs de circulation des signes monétaires émis par la Banque mondiale afin de minimiser leur immobilisation et ainsi stimuler le système économique (conformément à la TQM de Fisher) ;

4)       remplacer les bourses par une base de données internationale reliée aux entreprises, afin que celles-ci mettent à jour les données comptables permettant d’affecter un indice objectif à leurs différentes valeurs (actions, obligations, etc.) : la cotation étant ainsi automatisée, les transactions seraient effectuées par l’intermédiaire de la base internationale avec prélèvement d’une commission redistribuée aux plus pauvres.

Cela n'est ni utopique ni surhumain à partir du moment où le raisonnement macro-économique sous-jacent est compris et où une volonté politique existe. La Chine a déjà compris ce qui précède et demande un remaniement en profondeur du système économique mondial.

(suite sur la page http://dbloud.free.fr/monnaie.htm)

17:41 Écrit par Denis Bloud | Lien permanent

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