16 février 2013

Les "Pertes" de la BNS ne sont que Comptables !

 

(Cette Lettre de Lecteur (envoyée le 23 juin) a paru dans la Tribune des 21 et 22 juillet 2012 en page 26)

Permettez-moi de rassurer le lecteur qui se fait « peur tout seul » en craignant qu’il faille « renflouer la BNS pour la perte des ventes des euros » rachetés (TG 24/6 p. 17) : la BNS rappelle souvent qu’il ne s’agit que de « pertes comptables » car, conformément à sa mission régalienne, elle crée elle-même les fonds nécessaires à ses achats. Le chef économiste de l’UBS, Andreas Höfert, rappelait récemment (TG 1/11/11, p.10) ceci : « La BNS ne peut pas faire faillite puisqu’elle a la capacité de créer de la monnaie ex nihilo. » En tant que linguiste, je dénonce la confusion sémantique entre argent réel (Bargeld en allemand, dépôts ou fonds propres) et argent comptable (Schriftgeld) créé ex nihilo sous forme de crédits.

L’article 123 du Traité de Lisbonne interdit aux Etats d’imiter la BNS et les oblige à emprunter auprès des marchés privés, lesquels ouvrent ex nihilo ces lignes de crédit. Le souci est que l’intérêt correspondant n’est pas créé par les marchés et que les Etats doivent le trouver par le jeu de l’avion des reventes de dettes comptables. En France, ce masochisme financier date de la loi du 3 janvier 1973 aux termes de laquelle la BdF ne peut plus créer sa monnaie scripturale ex nihilo comme la BNS, mais doit l’emprunter contre intérêts comme un particulier. Ueli Maurer a raison de traiter de « fous » ceux qui oseraient se jeter dans la gueule de ce loup écervelé !

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15:07 Écrit par Denis Bloud | Lien permanent